Et un cœur en état de marche...
Dehors, il fait froid. Je marche vite. Je sais que je ne manquerai pas mon bus, mais j’espère encore pouvoir attraper ma meilleure amie. Son bus passe devant moi alors que j’arrive au bas de la rue. Loupé.
Je regarde son bus s’éloigner avec un sentiment d’impuissance. Tant pis. Un autre jour. Maintenant, j’attends. Je regarde mon souffle faire de la vapeur. C’est drôle, on dirait que je fume. Enfin, mon bus arrive.
Mes doigts son gelés. Noémie m’a gardé une place. Comme d’hab. On discute un peu. De lui surtout. Et d’autres choses futiles. J’ai envie d’écrire son nom sur la buée des vitres. A présent, tout mon corps ne vit que dans l’espoir de l’apercevoir. Je peste contre les feux rouges trop longs. Il commence à huit heures aujourd’hui. Peut-être…
Comme d’habitude, je suis la première levée. Normal. J’ai peur de le rater. On retourne dans le froid du monde extérieur. La chaleur du bus s’estompe peu à peu. Je retrouve les amis, mais c’est lui que j’attends. Le bout de mon nez est rouge comme une pomme d’amour.
Enfin, le voilà ! Une chaleur irréelle se diffuse dans tous mes membres. Je rayonne. J’appelle ses yeux, qui ne me voient pas. Il passe à coté de moi. Rentre. D’un coup, il fait froid. J’ai envie de rentrer aussi.
Qu’elles sont longues, les secondes ! Les profs parlent, déversent leurs discours fleuves. Moi, je fais semblant d’écouter. Je m’en fiche, je sais. Je parle avec Anaïs. J’envoie des mots à Greg. Mais mon esprit est occupé par lui. Mon monde me paraît gris. Des fois, j’écoute. Puis, quand j’ai compris, je repars. J’attends l’intercours. La pause.
Enfin ! Je me propulse dans les couloirs. Mon cœur bat la chamade. Je vais frôler sa peau. Avec un peu de chance, j’entendrais la musique de sa voix. Peu importe ce qu’il dit, pourvu que ce soit à moi qu’il parle. Mon ventre est noué. Enfin, enfin ! Je le vois et mes mains tremblent. Cette fois, il me voit aussi. Ses yeux captent les miens, les retiennent. Je m’y accroche comme un noyé à sa bouée de sauvetage. Plus rien n’existe en dehors de ces yeux qui me prennent et m’emportent. Salut. Son odeur, sa chaleur. Je rentre dans sa sphère, et c’est comme si je renaissais. Il me communique la Vie. Je parle. Reste avec moi ! Je le retiens. Il ne semble pas vouloir partir. Je me sens vivante. Il me regarde, et dans ce regard, j’existe enfin. Peu importe le reste.
La sonnerie. Ses yeux se détournent, et mon cœur s’arrache. Il monte, et mon cœur saigne. Reste ! Je me sens vide. Je me sens grise. Je me sens mal. J’ai froid. Il a emporté avec lui une partie de moi.
1 commentaire:
Il fut un temps où nous étions lyriques et jeunes et palpitantes. Où nous savions écrire au-delà des mots des choses toutes simples qui nous bouleversaient. C'est ce parfum amer de l'adolescence que j'ai senti dans ton texte, ces notes stridentes de vitalité que j'aime retrouver en toi, intactes. Bref, tout ce blabla pour te dire qu'il faut absolument que l'on se revoit, pour boire un chocolat au bon vieux temps, en se rappelant l'époque où l'on vivait à 1000 à l'heure.
Enregistrer un commentaire